Chroniques·Non classé

Forbidden soldier

 

Auteure : Erin Graham

Editions : Addictives

 

Résumé :

Il est soldat, il est l’ennemi. L’aimer devrait être interdit.
1942. Paris agonise sous l’occupation ennemie. 
Star avant la guerre, Eugénie voue une haine farouche à l’envahisseur et refuse de capituler. 
Elle pense pouvoir survivre à tout, jusqu’à ce qu’un regard gris la percute. Un regard qu’elle connaît, un regard qu’elle a aimé, jadis. Ludwig, celui à qui elle a offert un jour son premier baiser, juste avant qu’il disparaisse sans laisser aucune explication, réapparaît dans sa vie, arborant fièrement l’uniforme de l’oppresseur. Un héros de guerre qu’elle ne peut que détester. 
Mais derrière les insignes et les évidences, les secrets ne demandent qu’à être révélés et la passion, qui ne s’est jamais vraiment éteinte, à rejaillir encore plus fort. 
Cependant, comment s’aimer quand le monde entier décide de nous en empêcher ? 
Entre le chaos, les ressentiments, l’ignominie et les révélations, reste-t-il une place pour deux êtres qui ne demandent simplement que leur liberté ? 

 

Service presse

 

Avis :

Hello !

On se retrouve pour mon avis sur la nouvelle romance d’Erin Graham, une de mes auteures préférées. Cette fois, elle nous propose une romance historique. Je n’en ai pas lue beaucoup. Mais j’ai décidé de sortir un peu de ma zone de confort pour Erin. C’est une valeur sûre pour moi. Et je sais que ce roman lui tient à coeur. Du coup j’avais bien envie de le découvrir. Je remercie Andréa des éditions addictives pour l’envoi de ce roman.

 

« J’ai l’impression que nous ne faisons que ça. Que la vie passe en ne nous accordant que quelques rendez-vous et beaucoup de néant. »

 

« Quand vas-tu comprendre que sauver ma vie ne sert à rien si je ne peux pas la finir avec toi ? »

 

Eugénie a 26 ans et vit à Paris avec ceux qu’elle considère comme ses frères : Paul et Denis, membres actifs de la résistance. Mais elle a grandi en pleine campagne normande, dans une ferme. Eugénie n’a pas connu ses parents. Elle chante depuis toujours. Et désormais, Eugénie en a fait son métier. Elle est chanteuse à succès dans un cabaret.

 

« J’ai échappé à cette mort qui rôde à chaque seconde dans les rues de cette ville. Partout autour de moi. Dans mon immeuble, dans mon appartement. Cette onde glaciale et noire, menaçante et implacable, qui nous étouffe et nous asservit à la terreur et à la survie primaire. Je vis. Je vis grâce à lui. »

 

Ludwig a 28 ans et vit à Berlin. Il y a passé son enfance avant de venir s’installer en France avec sa mère française. Son père est mort sur le front et était allemand. Durant ses années passées en France il y a douze ans, Ludwig travaillait à la ferme dans laquelle vivait Eugénie. Ces années passées en France ont été difficiles pour lui. On le surnommait Fritz. Ludwig était exploité. Il était vu comme un étranger, un perdant et malheureusement pas le bienvenu. Ludwig a toujours eu du mal à trouver sa place. Son oncle a fini par l’obliger à rentrer en Allemagne.

 

« Comme tout ce qui compose ma vie. Je ne trouve pas ma place. Nulle part et dans aucune occasion. Sauf dans un avion. Dans le ciel, beaucoup de choses n’existent plus. La perception est différente. On se sent… ailleurs. Comme n’appartenant plus à ce monde qui tourne à l’envers. »

 

« La vie, la mienne en tout cas, a toujours ressemblé à une guerre. Soit perdant, soit gagnant. Tu aurais choisi quoi, à ma place ? Tu choisirais quoi si tu étais née allemande dans un pays qui criait famine ? »

 

Eugénie et Ludwig se sont connus il y a douze ans. Ils se sont longtemps tournés autour. Puis ils ont échangé leur premier baiser la veille du départ de Ludwig pour l’Allemagne. Sauf qu’Eugénie ne savait pas qu’il ne reviendrait pas travailler le lendemain. Ludwig est parti sans aucune explication, la laissant le cœur brisé. Tous deux ne pensaient jamais se revoir. Mais le destin va en décider autrement. Sauf qu’aujourd’hui, la situation est bien différente. Ludwig est Generalmajor et plus précisément soldat aviateur. C’est un héros de guerre. On le surnomme le lufftiger. L’avion est le seul endroit où il se sent vivant. Il ne pensait jamais en revenir en France. Mais Ludwig a dû y accompagner son oncle Klaus, haut membre du parti.

 

« J’attrape ses joues en urgence et pose mes lèvres sur les siennes. Parce qu’il est là. Parce qu’il ne m’a jamais vraiment quittée. Dans mes souvenirs, dans mes rêves, mes cauchemars et mes fantasme. Peu importe qui il est, ce que je suis. Un jour, nous avons été, tout simplement. »

 

« Vous avez rendu nos coeurs froids et étouffé nos âmes. Apporté l’horreur dans nos vies alors que nous ne demandions rien. Nous côtoyons tellement l’enfer que vous avez créé pour nous que nous en sommes devenus le brasier. Je ne veux plus jamais te revoir, Ludwig. Quitte ma vie. Quitte cette ville. Ou mieux. Quitte la France. Tu as raison, tu n’y as jamais eu ta place. »

 

Ludwig est de retour en France en 1942, lorsque l’Allemagne occupe la France suite à la défaite de cette dernière. Sa route va recroiser celle d’Eugénie lors d’une soirée organisée par son oncle. Tous deux vont directement se reconnaitre. Eugénie se croit en plein cauchemar en découvrant qui est devenu Ludwig. Elle est déstabilisée. L’homme doux et charmant d’autrefois a fait place à un homme froid et distant. Eugénie le déteste. Et Ludwig va vite comprendre qu’Eugénie n’est pas du genre à suivre les ordres. Elle l’agace à lui tenir tête. Et son métier ne donne pas une bonne image d’elle à Ludwig. Mais ce que n’avait pas prévu Ludwig, c’est à quel point Eugénie allait lui ouvrir les yeux sur les évènements actuels, sur la misère des gens. Ses certitudes s’envolent une à une.

 

« Parce que, de toute manière, quoi que je décide, aucun de mes actes ne changera quoi que ce soit à l’histoire. Nous ne sommes que deux fragments de rien au milieu d’un tout. Insignifiants. L’univers n’a que faire de nos tourments, il poursuit sa route, c’est tout. Autant donc nous aimer jusqu’à nous en déchirer, seuls au milieu de notre chaos. »

 

« Je ne peux aimer un Allemand. Encore moins un soldat, ou un officier. Mais je veux aimer ce français désabusé dont le cœur n’est pas mort au combat. Et je ne parle pas du combat en Russie, mais bien de celui qu’il a mené toute sa vie. »

 

Entre Ludwig et Eugénie, l’attirance est encore plus puissante aujourd’hui. Mais Eugénie refuse de craquer. Ludwig représente l’ennemi absolu. Il fait partie des allemands qui leur ont tout pris et est devenu une machine à tuer. Cet homme l’effraie désormais. Mais en même temps, il reste son premier amour, celui qu’on ne peut pas oublier. Eugénie a bien du mal à le haïr. Ses sentiments surpassent tout. Résister sera impossible. Alors Ludwig et Eugénie vont s’aimer dans l’urgence et en secret. Le temps leur sera toujours compté avant de se séparer sans jamais être sûr de se revoir. Plus le temps passe, plus ils prennent des risques et jouent avec le feu pour se retrouver. D’autant que les traites sont partout. Et le chaos continue de régner. L’avenir de leur couple est plus qu’incertain. Beaucoup de choses les séparent. Leur amour résistera-t-il face au conflit qui oppose leurs deux peuples ? Suivez-les dans leur course pour la liberté.

 

« Parce que lorsqu’on aime, on a envie de plein de choses, mais pas de se cacher. Au contraire, je meurs d’envie de chanter Ludwig, de décrire l’homme qu’il est, de montrer le bonheur qu’il arrive à me procurer alors que tout dans ma situation ne devrait être que désolation et marasme. »

 

« Je leur dirai, moi, celui que tu es vraiment. Je le chanterai. Je l’écrirai. Je le mettrai sur toutes les lèvres encore capables de chanter dans ce pays et dans tous les autres, s’il le faut. »

 

J’ai adoré cette histoire déchirante, révoltante et sensuelle. J’ai ressenti tellement d’émotions au cours de cette lecture. J’ai angoissé, eu mal au cœur face à tant d’horreurs. J’ai retenu ma respiration. Puis j’ai été soulagée. Tout au long du roman, j’ai vécu des montagnes russes niveau émotions. Il y avait des petits moments d’accalmie lors des moments entre Eugénie et Ludwig, qui font tant de bien au milieu de cette guerre. L’auteure a su me plonger dans cette période si terrifiante de l’histoire dès les premières pages. On sent tout son travail de recherche. La romance et le côté historique sont parfaitement dosés. J’ai littéralement dévoré ce roman en deux jours. Je n’arrivais pas à le lâcher. J’étais captivée.

 

« Je t’aime. D’une force que tu ne soupçonnes même pas. Je ne peux pas agir autrement… juste parce que je t’aime. Excuse-moi de tenir à toi plus qu’à mon propre souffle… Prends soin de toi, pour moi. »

 

« Je t’aime, Ludwig. Si fort. Depuis si longtemps. Et tu n’as pas compris que sans toi, plus rien n’a de sens… Tu n’as toujours pas compris que ton absence est la pire des punitions. »

 

« Tu es ma place sur cette terre, Eugénie. »

 

Les personnages sont bien construits et attachants. Eugénie est une femme déterminée, indomptable, têtue, intelligente et libre. J’ai adoré son côté battante et son tempérament de feu. Elle ne se laisse jamais abattre et y croit jusqu’au bout. Près de Ludwig, Eugénie se sent invincible. Ludwig est un homme complexe, tourmenté, charismatique, protecteur et respectueux. J’ai appris à l’apprécier au fil des pages. J’ai aimé le voir ouvrir les yeux et se battre pour réparer ses erreurs comme il peut. Comme beaucoup, il a été embrigadé et lobotomisé. Par amour, il est prêt à faire tout les sacrifices. Entre Eugénie et Ludwig, l’alchimie est incroyable. Et leur histoire d’amour est extraordinaire et tellement puissante. Elle est faite de nombreuses séparations puis retrouvailles. Leur amour survit à tout, même à l’horreur. C’est si beau. Ils m’ont mis les larmes aux yeux à plusieurs reprises.

 

« Ils se trompent tous. L’unique vraie raison de lutter, ce n’est pas la haine. Mais l’amour. Et bordel, celui que je lui porte me rend fou. Totalement dément. J’embrasse son front. Ses cheveux. Son cou. Comme si elle était mon oxygène, mon absolu, ma vie. »

 

« Quoi qu’il arrive, Eugénie Auger, sache que mon plus beau voyage, c’est celui que j’ai vécu avec toi. Je t’aime plus que tout au monde, ne l’oublie jamais. »

 

« Il est ma vie, tous mes espoirs, la moitié de moi. Sans lui, je me sens vide, proche du néant. »

 

« Elle est mon nouveau ciel. Mon premier horizon. »

 

Les personnages secondaires apportent aussi beaucoup à l’histoire, les bons comme les moins bons. J’ai adoré les frères d’Eugénie parfois un peu trop protecteurs. Je n’avais pas envie de tous les quitter. Et en même temps, j’avais tellement envie d’arriver à la fin de cette période dramatique. D’ailleurs la fin était un peu trop rapide à mon goût. Entre interdit, ressentiments, confrontations, questionnements et danger, cette histoire est pleine de rebondissements. Vous n’aurez pas beaucoup de temps pour souffler et vous n’en ressortirez pas indemnes. Si vous aimez les histoires complexes, enrichissantes et ancrée dans l’histoire, je ne peux que vous recommander cette romance historique. Je ne suis pas une adepte du genre. C’est la troisième romance historique que je lis il me semble. Je ne suis pas une fan d’histoire. Mais je ne regrette pas de l’avoir lue. J’ai aimé voyager au coeur de ces années si marquantes pour notre pays. Ça m’a fait redécouvrir l’Histoire sous un autre aspect.

 

« Je l’aime tellement que chaque fois que nous devons affronter quoi que ce soit, l’unique peur que j’éprouve la concerne elle, bien avant moi. Et je sais qu’elle en est arrivée au même point. Je le lis dans ses yeux. Je voudrais tellement ne pas être un tel poids dans son coeur. Ne pas compter autant. Je peux assumer de crever pour elle, mais jamais qu’elle dépérisse pour moi. Mausi, je t’aime tellement… »

 

« Elle, la battante. Elle, l’étoile dans ma nuit. Ma souris. Mon papillon. Elle revêt tellement de rôles et d’importance que je sais que, même si je tombe, même si je ne reviens jamais, je l’aimerai pour l’éternité. »

 

« Nos doigts s’enlacent de nouveau. Pour elle, je suis prêt à tout. Pressé de tout. Impatient de la suite. Amoureux de la vie. De la sienne. De la nôtre. »

 

Note : 4,5/5


Elsa

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